Goat Mountain

Titre : Goat Mountain

Auteur : David Vann

Édition : Gallmeister

Titre original : Goat Mountain

Traductrice : Laura Derajinski

Parution : Le 5 octobre 2017

Nombre de pages : 224

Automne 1978, nord de la Californie. C’est l’ouverture de la chasse sur les 250 hectares du ranch de Goat Mountain où un garçon de onze ans, son père, son grand-père et un ami de la famille se retrouvent comme chaque année pour chasser sur les terres familiales. À leur arrivée, les quatre hommes aperçoivent au loin un braconnier qu’ils observent de la lunette de leur fusil. Le père invite son fils à tenir l’arme et à venir regarder. Et l’irréparable se produit. De cet instant figé découle l’éternité : les instincts primitifs se mesurent aux conséquences à vie, les croyances universelles se heurtent aux résonances des tragédies. Et le parcours initiatique du jeune garçon se poursuivra pendant plusieurs jours, entre chasse au gibier et chasse à l’homme, abandonné à ses instincts sauvages.

Je peux vous dire que j’ai hésité avant de commencer ce roman de David Vann, en, effet, j’avais vraiment beaucoup aimé Aquarium mais Sukkwan Island m’a tellement dérangé que j’y pense encore régulièrement. Je me suis donc lancé avec une pointe de crainte à petits pas en tâtonnant, histoire de ne pas me faire surprendre encore une fois par l’auteur.

Autant le dire de suite, ce roman est bien signé David Vann, aucun doute, cet homme à une plume tellement personnelle et je dirais tellement fascinante que cela devient vraiment perturbant. Il nous entraîne dans une sorte d’addiction malsaine dans sa folie, enfin dans la folie qu’il décrit, car oui, ici aussi, rien n’est net, c’est gore, ça pue mais là où nous avons tout le contraste avec Monsieur Vann c’est que c’est également très poétique, il arrive à nous décrire l’horreur avec des mots superbement choisis c’est un vrai art de poète.

C’est un roman avec un rythme extrêmement lent, avec une ambiance lourde et pesante, avec une puanteur certaine, des personnages froids qui ne sont , sauf un, jamais nommé donc on a dû mal à s’accrocher à eux. La magie de David Vann est de parsemer dans toute cette noirceur de magnifiques descriptions de la nature comme lui seul sait le faire, c’est juste sublime j’ai carrément voyagé à Goat Mountain.

Ce roman est par contre extrêmement tourné sur la religion, la bible et les mythologies, il y a à travers ces pages une sorte d’essai de justifier par la bible les actes et les événements présents. C’est en quelque sorte une réécriture entre autre de l’ancien testament, il faut vraiment oser, mais ici cela marche plutôt bien.

Nous avons donc quatre personnages dans ce roman, quatre personnages et un mort, et c’est un peu comme si nous avions les quatre disciples du mort. C’est une image qui m’est venue vers la fin de ma lecture, mais plus j’y pense et plus c’est réellement cela. Le narrateur est l’un deux, le plus jeune qui nous raconte ce passage de sa vie plusieurs années après, combien ? On ne le sait pas. Qu’est-ce qu’il lui est arrivé ? On ne le sait pas. A la fin, pourtant tout s’accélère et se fini comme ça avec un point final, sans savoir … Frustrant … Mais au fond était ce vraiment important de savoir ?

Ma note : 08 / 10

Chronique initialement parue le 27 juin 2018


Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s