Le Bleu au-delà

Titre : Le Bleu au-delà

Auteur : David Vann

Édition : Gallmeister

Traductrice : Laura Derajinski

Parution : Le 3 janvier 2020

Nombre de pages : 176

Roy est encore un enfant lorsque son père, James Fenn, dentiste et pêcheur professionnel raté, se suicide d’une balle dans la tête. Tout au long de sa vie, Roy ressassera ce drame qui deviendra son obsession mais aussi une source, douloureuse, d’inspiration. Comment se créent et se transmettent les légendes familiales ? Quelles histoires notre mémoire choisit-elle de garder et sous quelle forme ? À partir de quelques moments intimes éparpillés dans le temps – faiblesses, infidélités, désirs, contemplations – se met en place une histoire de perte, d’amour tendre et de retrouvailles imaginaires dans les espaces sauvages de l’Alaska.

David Vann, me revoilà à lire un de ses livres et c’est toujours une aventure avec cet auteur. Il est de ces auteurs qui vous épuisent psychologiquement, on ne ressort jamais indemne avec lui. Le bleu au-delà est un recueil de nouvelles. À la base, David Vann a écrit un recueil, Legend of a suicide dont faisait également parti Sukkwan Island. Gallmeister nous propose donc avec ce petit livre les autres nouvelles inédites en France.

Et si Roy n’était pas mort sur Sukkwan Island ? Si à 13 ans il avait subi le suicide de son père ? Comment se serait-il construit ? Car elle est là la question en fil rouge dans toutes ces nouvelles : Comment se construire sans le père ? Comment grandir et vivre sa vie d’homme quand le père s’est fait explosé la tête et qu’il laisse un grand vide, une absence pesante ?

Les thèmes abordés dans ces nouvelles sont donc le suicide, la mort, la famille… Rien de très joyeux… Mais heureusement David Vann, expert comme il l’est y glisse la nature. Une nature froide et austère, l’Alaska, mais une nature qui vient apporter la bouffée d’oxygène que l’on a besoin avec cette lecture.

Nous le savons, David Vann, est quelqu’un de torturé… En même temps avec un père qui se suicide là aussi à l’âge de 13 ans ce n’est pas évident. Mais il prouve encore une fois qu’il est unique dans son genre. Ok, quand on le lit, il nous épuise psychologiquement mais c’est tellement bien écrit, c’est juste dingue.

Il m’a donc emporté dans sa folie à travers ces différentes nouvelles. Je les ai trouvées toutes complémentaires les une des autres. Elles montrent le cheminement qu’a du faire Roy (et David Vann je suppose) pour affronter la tragédie du suicide de son père. Il y a par contre une nouvelle qui m’a vraiment dérangé et mis mal à l’aise, celle qui parle de la grand-mère de Roy et des cérémonies pour les défunts, trop glauque pour moi.

Voilà donc un recueil qui comme tous les livres de David Vann va me hanter pour longtemps.

Ma note : 08 / 10

Chronique initialement parue le 25 novembre 2020


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